L’insurrection de 1878 et la cérémonie d’inhumation de son chef Ataï et de la figure spirituelle « Dao » (2021).

Dans la mémoire collective du peuple de Nouvelle-Calédonie, l’insurrection de 1878 et son chef Ataï, ainsi que la figure spirituelle connue sous le nom de « Dao », ont joué un rôle majeur dans la construction des identités sociales et culturelles contemporaines.

Note : Le Dao est une figure spirituelle ou chamanique de la culture kanak, en particulier en Nouvelle-Calédonie. Les Dao n’exercent pas uniquement des fonctions religieuses ; ils agissent également comme des guides moraux et symboliques du clan, incarnant l’autorité spirituelle et la continuité culturelle.

En 1878, Ataï a noué des alliances avec plusieurs chefs kanak et a lancé une insurrection armée contre la domination coloniale française. Dans une tentative de diviser la société kanak, les autorités coloniales sont parvenues à rallier le chef de la tribu de Kanala. À la suite de ces manœuvres, Ataï fut tué par des forces kanak hostiles, et son corps — ainsi que celui de son Dao — fut enterré en territoire ennemi. Cet épisode est considéré dans l’histoire kanak non seulement comme un moment de résistance anticoloniale, mais aussi comme l’expression d’une fragmentation politique interne.

Le conflit a également engendré de profondes divisions entre les chefferies kanak, empêchant toute réconciliation pendant une longue période. L’hostilité entre les deux tribus n’a pris fin que 143 ans plus tard. Le 3 septembre 2021, les restes du chef de l’insurrection Ataï et de son Dao ont été restitués à leurs terres ancestrales et réinhumés.

Cet événement a également constitué une occasion de relancer un processus de réconciliation et de guérison dans un contexte marqué par de longues divisions politiques internes.